Sybil ! Film très riche et complet un des meilleurs de 2019

Après Victoria, Justine Triet revient avec un film très riche et complet, des décors somptueux et une fin assez inattendue !

Une femme et tout autour, la tourmente. Autour. En dedans aussi. Les héroïnes de Justine Triet sont des phares submergés par des vagues qui inondent sa vigie. Laetitia dans La Bataille de Solferino, Victoria et aujourd’hui Sibyl. La réalisatrice pose tout sur la table : angoisses, passions, désirs, pulsions, doutes… Sans filtre, ou presque. À chaque fois, l’appartement familial de l’héroïne sert de base arrière, avec des bambins qui sautent partout rappelant l’impossible repos. On en sort lessivé comme dans une screwball comedy américaine où chaque situation met à l’épreuve les fondations d’un récit agité ainsi que la stabilité des personnages. Il faut du tempérament pour faire ça. Triet en a à revendre. Sibyl (Virginie Efira) est une psy qui entend se délester de ses patients pour écrire un roman. L’inspiration lui viendra par le truchement d’une actrice en détresse, Margot (Adèle Exarchopoulos), qui lui envoie des SOS sous forme de SMS. L’effet miroir joue à plein. Tout se reflète, se projette et trouve sa catharsis sur un plateau de cinéma en plein air face à la grande bleue. Dire qu’au cinéma, tout est fiction et fantasme relève d’une lapalissade. Triet fait mine de ne pas le savoir et fonce tête baissée dans cette comédie éruptive. Pour garder le cap, elle reste braquée sur son phare. Sibyl devant l’objectif, mais aussi derrière, parfois même entre les deux. Actrice, spectatrice et réalisatrice d’un film dans le film qui met tout en abyme sans l’abîmer complètement. Et de fait, Virginie Efira tient sublimement debout. Jubilatoire !

– Comment tu fais pour être sûre de toi?
– Je fais semblant.

Cette réponse, que fait l’héroïne à sa sœur dans Sibyl, pourrait être la devise officielle des personnages féminins de Justine Triet. Car comme La Bataille de Solférino et Victoria, son troisième long-métrage présenté à Cannes et sorti en salle le 24 mai, dresse le portrait d’une femme complexe et multidimensionnelle, comme on en a rarement vues au cinéma.

Sibyl est à la fois sûre d’elle et pas du tout, point d’ancrage pour son entourage alors qu’elle-même menace de perdre pied. Aussi dépassées qu’elles soient par leur propre vie, les héroïnes de Justine Triet semblent toujours porter le monde à bout de bras, qu’il s’agisse d’une journaliste submergée par les responsabilités un jour d’élection présidentielle, d’une avocate qui doit défendre son ami accusé de tentative d’homicide, ou de Sibyl, psychologue réticente qui se retrouve embarquée sur un tournage de cinéma pour calmer les tensions au sein de l’équipe.

Révolutionnaire
Sibyl le film est difficile à définir. D’une ambition rare, il mêle à la fois comédie, drame, thriller érotique, hexagone amoureux, film méta et portrait intime. Le tout en moins de deux heures. À l’image de son film, Justine Triet a créé un personnage qui peut difficilement être rangé dans une seule case. Sibyl est psychologue, mais elle est aussi romancière. Elle est alcoolique, mais ce n’est pas ce qui la définit, juste une des multiples facettes qui la constituent. Et c’est elle qui va prendre en main, au détriment de sa propre vie, les névroses de toutes les personnes qui l’entourent.

Au fil du film, on suit non seulement sa vie professionnelle, mais aussi sa vie intime avec plusieurs hommes, ainsi que son rôle de mère, ses envies créatives, sa lutte contre l’addiction, ou encore sa relation avec sa sœur. Comme l’explique la réalisatrice dans le dossier de presse consacré au film, «Victoria était déjà assez complexe en termes d’entremêlement de récits, mais […] il y a ici une dimension supplémentaire, plus mentale: on est dans la tête de Sibyl». Car le film inclut aussi des flashbacks, qui reconstituent le passé douloureux de l’héroïne et ajoutent une couche supplémentaire de complexité au personnage.

Curiosité – Lieu de tournage à Stromboli , le volcan a repri son activité depuis le 4 juillet

Une incroyable vidéo, filmée par des touristes à bord d’un bateau, témoigne de l’importante éruption du Stromboli en Italie. Le volcan, situé dans l’archipel des Éoliennes, est entré en éruption dans l’après-midi du mercredi 3 juillet, faisant un mort et plusieurs blessés.La dernière éruption mortelle du Stromboli remonte à cent ans, où six personnes avaient perdu la vie.

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