Jusqu’ici tout va bien ! Malik Bentalha très risible, un film assez juste !

Réalisé par Mohamed Hamidi
Avec Gilles Lellouche Malik Bentalha , Camille Lou

Le passage sous le périphérique à la porte de Pantin ou d’Aubervilliers, est devenu la traversée du miroir du cinéma français contemporain. Sur les chemins qui mènent jusqu’au 93, le policier Laurent Lafitte (De l’autre côté du périph [2012]), le professeur Denis Podalydès (Les Grands Esprits [2017]), ont précédé le chef d’entreprise Gilles Lellouche, protagoniste de Jusqu’ici tout va bien.

On retrouvera dans le second long métrage – après La Vache – de Mohamed Hamidi, l’ébaubissement du Parisien confronté aux rites et coutume d’une contrée aussi lointaine et aussi proche que La Courneuve. Le réalisateur (et scénariste, avec Michaël Souhaité et Khaled Amara) ajoute à cette recette éprouvée sa familiarité avec le territoire et – c’est ce qui fait l’attrait et la limite du film – une extrême gentillesse.

Lire la critique  de « La Vache » : Un paysan algérien sur les routes de la douce France

Pourtant Frédéric Bartel (Gilles Lellouche) n’a rien de gentil. Fondateur et dirigeant d’une PME qui œuvre dans la publicité sur lieu de vente, il a domicilié sa société très parisienne à La Courneuve, histoire de bénéficier des avantages fiscaux s’appliquant aux zones franches. Rattrapé par le fisc, Bartel est obligé non seulement d’embarquer ses collaborateurs entre la cité des 4 000 et celle des Cosmonautes mais d’embaucher une poignée d’indigènes, au premier rang desquels Sami (Malik Benthala), maître-chien terrorisé par son molosse.

Refus du tragique

Ce n’est pas gâcher le plaisir réel, mais superficiel, que l’on peut prendre à la vision de Jusqu’ici tout va bien que de révéler que les deux hommes vont beaucoup apprendre l’un de l’autre – une pédagogie réciproque qui va gagner non seulement les collaborateurs de la PME délocalisée mais tout le quartier.

Refusant résolument le tragique (au point de faire de la figure du type saucissonné dans un coffre de voiture un gag purement burlesque), Mohamed Hamidi – qui fut universitaire et journaliste en Seine-Saint-Denis – passe une bonne couche d’optimisme sur le gris banlieusard. Le parti pris est parfois efficace : un rapide montage d’entretiens d’embauche aligne des candidats qui sont à la fois des lieux communs (délinquants, jeunes surqualifiés, intégristes) et des esquisses de caractères comiques. Ces lunettes roses finissent aussi par gêner – aussi bien la foi du spectateur (comment croire à l’innocuité des situations dans lesquelles Bartel et ses collaborateurs se laissent embringuer ?) que la cohérence des situations et des personnages. A peine esquissé, le racisme d’un Parisien est oublié.

Quant aux réticences de Laïla (Sabrina Ouzani) à retrouver les lieux de son enfance, elles sont juste énoncées alors que la comédie du remariage du personnage principal occupe une place que d’autres auraient mieux employée (la jeune fille qui se révèle un génie du marketing, incarnée par Annabelle Lengronne, par exemple).

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https://www.youtube.com/watch?v=SHuHGJ8Nzwc
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