Budapest, un air de Pattaya

Une scène, à mi-parcours, trahit l’idéologie nauséabonde de Budapest. Sur le point de créer, avec un camarade d’HEC, une entreprise qui organise des enterrements de vie de garçon en Hongrie, le héros discute avec sa copine dans leur salon. Elle lui demande si profiter des strip-teaseuses locales ne relève pas de l’exploitation. Il lui répond, en substance, qu’injecter des capitaux étrangers dans un pays pauvre permet de sortir ses habitants de la misère. Ironie de l’histoire : la femme finira par prendre des parts dans la société et se rangera à la vision de son copain…

Lassés d’être humiliés par leurs patrons respectifs, les deux créateurs d’entreprise (Manu Payet, Jonathan Cohen) réalisent donc leur émancipation en spoliant plus vulnérables qu’eux. Cette condescendance, le film la cautionne à cent pour cent. La Hongrie y devient le déversoir des pires pulsions de touristes français en goguette (tir au fusil d’assaut, conduite de tank). La population s’y réduit à des prostituées indifférenciées, un mafieux borgne et un jeune homme mentalement déficient. Une forme de néo-colonialisme, dont même le médiocre Pattaya? – film sur un sujet similaire signé Franck Gastambide – avait conscience.

Réalisateur plutôt spécialisé dans le film d’horreur, Xavier Gens n’atteint ni le lâcher prise psychédélique d’un Todd Phillips dans Very Bad Trip, ni le baroque balkanique d’un Emir Kusturica. Il enchaîne les scènes de beuverie ou de défonce lourdingues, faisant au passage l’apologie du fric. Et s’enlise finalement dans une intrigue mélodramatique parfaitement insignifiante, censée rendre attachants ses détestables personnages.

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