Retour aux sources avec Franck Dubosc + le film « La Douleur » au coeur de la 2nde Guerre Mondiale

Retour aux sources : Franck Dubosc retrouve son grand-père Roger Plantrou, prisonnier des nazis en 1940

Mardi 29 mai, France 2 proposait à 23h15, le cinquième numéro de sa série documentaire Retour aux sources, présentée par Marie Drucker et produite par Arnaud Poivre d’Arvor.

Dans ce programme, une personnalité découvre les résultats d’une enquête la concernant et tournant autour de son arbre généalogique. L’invité prend également l’initiative de collaborer dans les recherches et permettre de retrouver des secrets enfouis de son passé.

L’humoriste et comédien Franck Dubosc est au cœur de ce nouvel opus, le premier depuis le 20 juin 2017. L’investigation, menée par Pierre-Valéry Archassal, s’est penchée sur le parcours de Roger Plantrou, aïeul du plus célèbre campeur des « Flots Bleus ». La destinée du « bonhomme »- comme l’appelle Franck Dubosc – durant la Seconde Guerre mondiale, reste un mystère à ses yeux. En effet, le soldat a été capturé à Caen le 24 juin 1940, alors âgé de 31 ans.

Par la suite, Roger a toujours assuré à son petit-fils qu’il était parvenu à s’échapper du camp situé à Bocholt. Ému, l’humoriste retrouve alors des photos du camp mais aussi une vérité plus complexe que son grand-père a bien voulu lui transmettre lors de leurs nombreux échanges. Sur le passé de l’ancien prisonnier des nazis, Franck Dubosc a ces mots : « Quand je l’imagine, je vois un papy. Mais plus j’avance dans cette enquête, plus son image rajeunit, je vois maintenant quelqu’un qui pourrait être un copain ».


Ce reportage rejoint ainsi le film « La Douleur’ 

   voir le film -> http://streamcomplet.me/la-douleur/

Synopsis
Juin 1944, la France est toujours sous l’Occupation allemande. L’écrivain Robert Antelme, figure majeure de la Résistance, est arrêté et déporté. Sa jeune épouse Marguerite, écrivain et résistante, est tiraillée par l’angoisse de ne pas avoir de ses nouvelles et sa liaison secrète avec son camarade Dyonis. Elle rencontre un agent français de la Gestapo, Rabier, et, prête à tout pour retrouver son mari, se met à l’épreuve d’une relation ambiguë avec cet homme trouble, seul à pouvoir l’aider. La fin de la guerre et le retour des camps annoncent à Marguerite le début d’une insoutenable attente, une agonie lente et silencieuse au milieu du chaos de la Libération de Paris.


Critique lors de la sortie en salle le 23/01/2018 
Par Samuel Douhaire

« Face à la cheminée, le téléphone, il est à côté de moi. A droite, la porte du salon et le couloir. Au fond du couloir, la porte d’entrée. Il pourrait revenir directement, il sonnerait à la porte d’entrée : “Qui est là. — C’est moi.” » 

Ainsi débute La Douleur, ce grand livre sur l’absence où, entre journal intime et roman, Marguerite Duras retrace l’attente de son mari déporté, Robert Antelme, au cours des derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, puis son retour des camps. Un texte âpre, ardent, magnifique dont Emmanuel Finkiel parvient à restituer la violence des sentiments, mais aussi, grâce à une mise en scène audacieuse, la distanciation propre à l’écriture durassienne. Sans jamais sacrifier l’émotion…

La douleur de Marguerite Duras est d’abord une peur, mêlée de honte : celle de dépendre d’une « ordure » pour sauver son époux. Entre la jeune romancière (et résistante) et l’inspecteur (et collabo) Pierre Rabier débute un jeu du chat et de la souris ambigu. Benoît Magimel apporte une douceur inquiétante à ce flic trouble, dont l’admiration presque enfantine pour la jeune romancière n’est, peut-être, qu’un leurre pour la manipuler.

La deuxième heure du film plonge plus profondément dans la vie intérieure de la narratrice. Paris, dans la grisaille de l’Occupation puis de la Libération, n’est perceptible qu’à travers sa vision fragmentée, parfois fantasmatique — magnifique séquence où, vêtue de rouge, Marguerite roule à vélo, seule, sur la place de la Concorde déserte alors que sa voix évoque la foule. Lors des festivités du 14 Juillet qui suit la libération de Paris, Marguerite marche sans fin dans les rues, indifférente à la liesse qui l’entoure. Les décors en arrière-plan deviennent flous dans « la ville éclairée synonyme de mort », de « terre de l’oubli ». Les gros plans intenses sur le visage nu, dépouillé, de Mélanie Thierry confirment que la douleur a pris toute la place… Pour dire le monologue intérieur de Marguerite Duras (dont le cinéaste a repris plusieurs passages in extenso), l’actrice n’a pas cherché à imiter les grandes interprètes de la romancière à l’écran, Emmanuelle Riva (Hiroshima mon amour) ou Delphine Seyrig (India Song). Elle scande les phrases de longs silences qui en accentuent la dimension incantatoire, hypnotique.

« Plus de douleur. Je n’existe plus. Alors, pourquoi attendre Robert Antelme ? Pourquoi lui plutôt qu’un autre ? Qu’est-ce qu’elle attend en vérité ? Quelle autre attente attend-elle ? » Le passage du « je » au « elle », grande figure stylistique du livre, se retrouve à l’image. A quatre reprises, Marguerite se regarde téléphoner, ouvrir une porte, se morfondre sur le sofa… Mais ce dédoublement physique symbolise, aussi, le hiatus entre ce que la romancière éprouve et ce dont elle témoigne, entre la réalité de ses émotions et leur représentation. Mélanie Thierry exprime avec intensité « le désordre phénoménal de la pensée et du sentiment » évoqué par Duras dans le préambule du roman. Elle est constamment crédible, trouve toujours la note juste, y compris dans les réactions les plus inattendues de son personnage. La plus troublante ? Peut-être ce moment où son amant Dionys Mascolo (Benjamin Biolay, impeccable) lui dit : « Chaque jour d’attente vous vous êtes détachée [de Robert], chaque jour un peu plus. Et ça, ça vous ne le supportez pas. » Ce à quoi elle lui répond, dans un souffle à peine audible, « Vous êtes un salaud », avant de se blottir dans ses bras.

L’adaptation d’Emmanuel Finkiel est exemplaire. Qu’il explicite le propos de Duras dans une réplique cinglante de Mascolo à Marguerite : « A qui êtes-vous le plus attachée ? A Robert Antelme ou à votre douleur ? » Qu’il mette en avant le sort des Juifs, évoqué en filigrane dans le livre, en développant le beau personnage de Mme Katz (lire ci-dessous). Ou qu’il refuse de filmer la « résurrection » de Robert Antelme, longuement chroniquée par Duras dans les dernières pages de La Douleur avec force détails insoutenables, inmontrables. A son retour à Paris, on devine juste, au loin, le corps du mort-vivant, à bout de forces dans les bras de ses compagnons, tel que l’aperçoit Marguerite à travers les rideaux de sa fenêtre. Et dans la dernière séquence, en plein soleil sur une plage d’Italie, il n’est plus qu’une silhouette fantomatique à la Giacometti, une figure quasi abstraite qui se détache dans le contre-jour. Emmanuel Finkiel laisse le dernier mot à Duras : « Je savais qu’il savait, qu’il savait qu’à chaque heure de chaque jour, je le pensais : “Il n’est pas mort au camp de concentration.” »

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