Gauguin par Vincent Cassel


Gauguin – VOYAGE DE TAHITI

UN FILM D’ÉDOUARD DELUC
AVEC TUHEÏ ADAMS, MALIK ZIDI ET PUA-TAÏ HIKUTIN

Synopsis:

1891. Gauguin s’exile à Tahiti. Il veut trouver sa peinture, en homme libre, en sauvage, loin des codes moraux, politiques et esthétiques de l’Europe civilisée. Il s’enfonce dans la jungle, bravant la solitude, la pauvreté, la maladie. Il y rencontrera Tehura, qui deviendra sa femme, et le sujet de ses plus grandes toiles.


On retiendra de l’interview la simplicité de l’acteur, sa préoccupation à construire ses personnages dont la nécessité d’apporter une élément physique constant afin d’être emerger h-24 dans le personnage, puis enfin sa passion pour le Brésil ainsi que pour la Musique brésilienne (funk, samba, toute l’ambiance carioca…°! 


Interview avec Edouard Deluc

  • D’où vient votre envie de réaliser ce film ?

Edouard Deluc : De ma rencontre avec « Noa Noa », le « carnet de voyage illustré » de Gauguin, écrit lors de son premier séjour à Tahiti, entre 1891 et 1893. C’est un objet littéraire d’une grande poésie, un récit d’aventures, d’un souffle romanesque assez fou. C’est une sorte de journal intime, d’une grande humanité, sur son expérience Tahitienne, qui mêle récits, impressions, pensées, questionnements politiques, questionnements artistiques, croquis, dessins et aquarelles. C’est enfin et surtout une sorte de somptueuse déclaration d’amour à Tahiti, aux Tahitiens, à son Eve Tahitienne.

Je l’ai découvert lors de mes études aux Beaux-Arts, le texte est toujours resté dans ma bibliothèque comme le fantôme d’un film possible. En 2012, je tombe sur « L’envoûté » de Somerset Maugham (1919), un roman inspiré par la vie de Gauguin, un livre à la puissance romanesque tout aussi folle, tout s’est réactivé, je me suis replongé dans« Noa Noa », puis dans « Oviri », dans « Avant-Après », dans tous les écrits de Gauguin, et dans les correspondances qu’il a eues avec sa femme, ses amis… toute cette matière dessinait les contours d’un personnage visionnaire, inspirant et d’une insolente modernité, tout en la questionnant en permanence.

  • Comment se cristallise le projet de cinéma ?

Il y avait une promesse de cinéma évidente, le portrait d’un héros qui a de la gueule, des choses à nous dire, d’une aventure, d’un destin qui me parle et l’intuition très forte que je tiens là une matière inestimable, aussi celle d’une forme de western dont je rêvais finalement depuis longtemps. « Je retournerai dans la forêt, vivre de calme, d’extase et d’art », cette phrase à elle seule, écrite par Gauguin quelques mois avant son départ, résume son projet … Elle disait tout, elle me suffisait, elle était déjà le film, la messe était dite.

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Le film s’ouvre sur une première partie parisienne où Gauguin, dont les oeuvres se vendent peu et qui court après l’argent, travaille sur les quais comme portefaix, scène que vous reproduirez à l’identique en Polynésie. Gauguin vit à Paris de manière très précaire, il vit de petits boulots et cherche un mode de vie qui lui permette de se consacrer à sa peinture, uniquement à sa peinture.

Il est las de sa vie en ville, du chaos, de cette « course à la monnaie » permanente, il veut trouver « le silence » comme il dit, pour enfin, pleinement entendre ces voix intérieures qui guident sa main. Les motifs européens ne le satisfont plus, il voit la corruption des êtres, des visages, des paysages partout : « J’étouffe. Il n’y a plus un paysage, un visage qui méritent d’être peints ici. ».

C’est le contrepoint exact de ce qui se joue plus tard, à Tahiti, auprès de Téhura, qui l’inspire immensément, qui l’envoûte, dans le silence majestueux de la jungle Tahitienne. Gauguin fait partie de ceux qui pensent qu’une des missions de l’art est de redonner du sens, que la vérité sur nous-mêmes est à chercher dans l’humanité en enfance, que la vie moderne nous éloigne de ce que nous sommes, profondément, qu’elle pense « utilité » avant toute chose. Gauguin pense lui, les hommes ont besoin d’entretenir entre eux, et avec « la nature », des relations sensibles, riches en affectivité comme le disait Marc Le Bot.

  • Votre film reprend les codes du western plutôt que ceux du biopic classique. Vous défiez-vous de ce genre ?

Je n’ai jamais eu l’intention de faire un biopic, ou un film de peintre, mon désir n’empruntait jamais vraiment ce chemin. J’avais envie d’un film d’aventure, la matière était là, un western oui, un film sur la quête de soi, sur la découverte de l’autre, sur les enjeux intimes d’un homme comme sur les enjeux de civilisation, le contexte politique était passionnant. Mais aussi, plus intérieurement, sur le mystère de la création, sur l’apparition des fantômes, sur la représentation, sur le sacrifice aussi que peut représenter une vie d’artiste.

  • Quels films ont joué une importance dans votre processus créatif ?

Plusieurs films ont nourri mon imaginaire, m’ont accompagné tout au long du processus d’écriture, comme de réalisation du film. « Jeremiah Johnson » de Sydney Pollack, pour l’aventure ultime, l’attraction du sauvage, le voyage intérieur. « La leçon de piano » de Jane Campion pour la nécessité absolue de jouer, de créer, l’attraction pour l’imaginaire comme lieu de survie. « L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford » d’Andrew Dominik, pour un travail formel que j’ai toujours trouvé subjuguant, et une manière d’être à la fois dans l’action tout en préservant les mondes intérieurs, une musique qui souligne avec grâce et intensité les profondeurs du personnage. « Fighter » de David O. Russel, par sa manière de fabriquer du cinéma, du présent, son hymne au corps, à la rage qui le dévore, ou encore « le Nouveau monde » de Terrence Malick, dans ses thématiques plus que dans sa forme finalement. « Les Moissons du ciel » de Malick aussi que nous avons revu pendant le tournage avec Pierre Cottereau, le chef opérateur. Avec Pierre, ami et précieux compagnon de route depuis 15 ans, nous travaillons en étroite collaboration, nous avons regardé beaucoup de films et questionné en permanence le scénario comme l’esthétique du film, jusqu’au dernier jour de tournage. Son travail sur le film est magnifique.

sources: dossier de presse 

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