Les Derniers Parisiens

Les Derniers Parisiens

Film de: Hamé Bourokba et Ekoué Labitey 

Avec: Reda Kateb, Slimane Dazi, Mélanie Laurent

Pigalle mon amour

Ambassadeur d’une nouvelle génération du cinéma français depuis « Un prophète » Reda Kateb revient en petit truand amoureux transi de sa « cité », Pigalle la belle.

Fraichement sorti après 24 mois sous les barreaux, Nas (Reda Kateb) retrouve son quartier, Pigalle, et ses amis. Des petites frappes parlant mieux verlan que Verlaine, pas toujours très cleans mais qu’il considère comme sa seconde famille. Pourtant, une famille, il en a une. Son frère, Arezki (Slimane Dazi) a accepté de le recruter à mi-temps dans son bar pour le bien de sa conditionnelle. Mais Nas, servir des bières, il n’en a que faire. L’homme aux lunettes de soleil voit plus loin, plus haut. Et se rêve organisateur de soirées où le liquide coule à flot, dans tous les sens du terme.

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Brothers in arms

Rarement le quartier de Pigalle fut ainsi bien décrit. Son Moulin Rouge aimant à touristes, sa misère autour, son lot de magouilles, promesses de cocaïne et pussy bon marché… Par le choix de sa lumière et de sa photographie, l’ensemble de ces rues paraît au plus juste. Le spectateur se voit marcher avec Nas, se dirigeant tout droit vers le Prestige, bar miteux qu’il compte bien réinventer en incontournable repère de la nuit.

Sa relation avec son frère Arezski, antagoniste logique, est le véritable moteur de l’intrigue. Plus que le « rise and fall » d’une petite caillera de Paname, il s’agit de l’opposition de deux modes de vie. D’un côté, le grand frère qui prospère dans les petites affaires avec son bar, à peine rentable.
S’il ne roule pas sur l’or, sa moralité irréprochable suffit à le faire pavaner. De l’autre, Nas, pas même sorti de « zonzon » et déjà se voit en Tony Montana. Première soirée et il tape dans les centaine de milliers d’euros. Argent sale ou pas, il n’en a que faire. Du moment qu’il tombe aisément, et en masse, si possible.

Des choix de vie existentiels qui ne sont pas sans rappeler ceux du film Chouf, sorti quelques mois plus tôt (octobre 2016).  On y retrouvait un brillant étudiant qui, pour retrouver l’assassin de son frère, cédait aux sirènes du deal. Flirtant ainsi au plus près avec le fameux tourbillon de l’argent facile…

Si les frères ennemies sont un leitmotiv artistique depuis les tragédies, on ne peut que saluer le jeu de Reda Kateb et Slimane Dazi. De même que leur petit clin d’œil à une autre caillera, Nabilla Benattia, où on préfère utiliser une fourchette plutôt qu’un couteau. Si, avec ça, vous n’avez pas davantage envie de voir le film, on ne peut plus rien faire pour vous.

par: Mélissa Chevreuil.

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