Je Ne Suis Pas Un Salaud

Réalisateur: Emmanuel Finkiel
Musique: Chloé Thévenin

Acteurs: Nicolas Duvauchelle – EddieMélanie Thierry – KarineDriss Ramdi – Ahmed
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Je Ne Suis Pas Un Salaud – Un film poignant et très réussi!

Nicolas Duvauchelle et Mélanie Thierry forment encore une fois un couple exceptionnel à l’écran (depuis Commes Des Frères ou encore Pour Une Femme), leur intépretation est remarquable et touchante. La simplicité, la justesse et le naturel de leur jeu d’acteurs est juste exquis!

La bande son est phénoménale et apporte beaucoup d’intensité au film. En effet, la musique composée par Chloé Thévenin est à la fois enivrante et énervante et accompagne d’une force transcendante le personnage principal Eddie dans sa descente aux enfers.

Car, après l’agression tout semble aller mieux, mais cela ne va pas durer. C’est un peu le revers de la médaille, en accusant un innocent il croyait pouvoir avancer, or, on voit Eddie « se ronger » de son acte, sachant pertinemment qu’il accuse injustement cet individu.

Ahmed (l’accusé) , lui, est un jeune adulte, qui construit sa vie avec sa compagne Estelle (elle est enceinte). Et c’est là tout l’enjeux du film; montrer des injustices, des procès inachevés, car Eddie va à la fin rétablir la vérité libérant ainsi Ahmed de toute accusation, mais lui qui à la base était victime d’une agression, Justice ne sera jamais faite ne retrouvant pas les coupables. On voit aussi les injustices discriminatoires, lorsque Ahmed se fait arrêter par la Police sans motif réel juste à cause de son ethnie. 

N’acceptant pas le chef de sa femme (Karine) trop avenant, Eddie préfère perdre la vie que de tout perdre de son vivant, c-a-d, sa femme, son fils, l’amour des siens, affronter les représailles, l’incarcération, sa difficulté à trouver et garder un boulot…

Je recommande ce film comme tous ceux où Nicolas Duvauchelle figure, encore une fois, il nous montre que c’est un acteur extrêmement talentueux, qui nous fait plonger dans l’histoire de telle manière qu’on y croit, et on vit intensément ce que le personnage ressent. Il a ce don naturel, rien est forcé ni surjouer. Emmanuel Finkiel a réalisé un véritable chef d’oeuvre où le suspense, l’inquiétude règne et l’où ne peut rester insensible aux personnages. Il n’ya jamais de parti-pris, il nous fait réfléchir et prendre conscience…Et nous comment aurions-nous réagi? 

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Par Pierre Murat

« Eddie n’est qu’un paumé qui a failli mal tourner. Mais, paradoxalement, depuis qu’il s’est fait agresser, ça va mieux pour lui. Il s’est comporté en héros : son gamin le regarde, désormais, avec fierté. Et sa femme, qui l’avait jeté, le recueille, le soigne, lui trouve même un boulot de manutentionnaire dans le grand magasin où elle travaille. Eddie, qui a tout foiré, toujours, parvient presque à se regarder en face, sans grimacer devant son reflet.

il n’est pas un ­salaud mais pas vraiment non plus le mec bien qu’il rêverait d’être et que les autres exigent qu’il soit. Chez les flics, lors de la scène d’identification, il prétend reconnaître en un jeune Arabe, Ahmed, l’un de ceux qui l’ont tabassé. C’est qu’il se sent en confiance, dans ce commissariat : valorisé, écouté, respecté. Et s’il continue à accuser le malheureux, qui nie de toutes ses forces, c’est pour conserver le respect des autres. Pour ne pas redevenir le désolant, l’immature Eddie d’avant. Pour préserver la dualité de son personnage, Emmanuel Finkiel (césar et prix Louis-Delluc pour son premier long métrage, Voyages, en 1999) filme le plus souvent Nicolas Duvauchelle (étonnant, comme Mélanie Thierry, qui interprète sa femme) dans des vitres, des glaces, des miroirs qui l’isolent davantage d’un monde où il se sent surnuméraire.  Toute la mise en scène d’Emmanuel Finkiel — les plans qui semblent vibrer de nervosité, la bande-son agressive, la musique obsessionnelle — semble refléter le désordre mental d’un homme que sa faiblesse pousse inexorablement à la violence. Un individu comme tant d’autres, isolé dans une société aussi dépressive que lui, acceptant la consommation et le paraître comme drogues consolatrices. »

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