Pas son genre

Comédie romantique française réalisée par Lucas Belvaux avec Emilie Dequenne, Loïc Corbery, Sandra Nkake… (sorti en 2014)

Synopsis: Clément, jeune professeur de philosophie parisien est affecté à Arras pour un an. Loin de Paris et ses lumières, Clément ne sait pas à quoi occuper son temps libre. C’est alors qu’il rencontre Jennifer, jolie coiffeuse, qui devient sa maîtresse. Si la vie de Clément est régie par Kant ou Proust, celle de Jennifer est rythmée par la lecture de romans populaires, de magazines « people » et de soirées karaoké avec ses copines. Cœurs et corps sont libres pour vivre le plus beau des amours, mais cela suffira-t-il à renverser les barrières culturelles et sociales?

Le saviez-vous?
Pas son genre est une adaptation du roman éponyme de l’écrivain français Philippe Vilain, publié en 2011 chez Grasset. Lucas Belvaux a eu connaissance de ce livre en écoutant la chronique de la militante féministe et femme politique Clémentine Autain à la radio. Quelques heures après, le réalisateur avait le livre en main.
Emilie Dequenne, qui joue Jennifer, une coiffeuse d’Arras, a changé de couleur de cheveux pour les besoins de son personnage. En effet, le réalisateur Lucas Belvaux l’a fait teindre en blonde; avec ces cheveux blonds, l’actrice ressemble davantage à « l’image fabriquée » que constitue son personnage de fausse blonde naïve et prête à tout pour plaire : « Pour Jennifer, « les hommes préfèrent les blondes », forcément. Et puis ça illumine son visage. Ça fait partie de sa volonté d’être toujours « au top », de son refus absolu de se laisser aller, d’abandonner, de renoncer. »
C’est la première fois que l’actrice joue un personnage aussi proche d’elle : « C’est une fille optimiste, une fille qui va de l’avant, une fille moderne, indépendante. En un mot : vivante ! Enfin une fille sans problème ! »

Mon avis:
Est-ce qu’une histoire d’amour entre une coiffeuse et un prof de philo peut marcher? Est-ce qu’un intello parisien peut avoir envie de vivre avec une simple mère célibataire d’Arras? Le pitch interpelle et, même si le film part de clichés, comme le dit Lucas Belvaux: « C’est pour mieux s’en éloigner ».
Les états d’âme de Jennifer sont montrés de manière très ingénieuse par une succession de scènes de karaoké, merveilleusement interprétées par Emilie Dequenne. L’actrice belge tient ici un rôle opposé, en jeune femme solaire et entière qui croit avoir trouvé le prince charmant.
Mais vous vous en doutez bien, le prince ne s’avère pas si charmant que cela puisque Clément, maladroit même s’il y met du sien, semble incapable de s’engager… D’autres questions sont alors abordées: comment reconnaît-on l’âme soeur, et s’en remet-on si on « passe à côté »?

Je ne vous dévoilerai pas la fin du film, sachez simplement qu’elle a déstabilisé de nombreux spectateurs notamment moi. « Mais pourquoi cette fin?? » a d’ailleurs été la première question qui a été posée à Lucas Belvaux, ce à quoi il a répondu qu’il avait tout simplement repris la fin du livre. Justement il a été intéressant de voir ce que le réalisateur avait changé par rapport au roman de Philippe Vilain: il a notamment rendu Jennifer plus présente alors que le livre était écrit du point de vue de Clément et a introduit les scènes de karaoké.
La bande-annonce est trompeuse car on est loin d’une comédie, c’est un film qui pose des questions intéressantes et que j’ai trouvé très réussi! 

Rencontre avec le réalisateur Lucas Belvaux -> http://blog.culture31.com/2014/05/20/rencontre-avec-lucas-belvaux-realisateur-de-pas-son-genre/

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voir le film -> http://sokrostream.biz/films/pas-son-genre-24500.html