Victoria – La consécration de Virginie Efira – My Comedy of the year :)

Victoria by Justine Triet (Age Of Panic Premier in Cannes ACID Program, nominated for the Cesar Award for Best Debut Film 2014)

Cast:
Virginie Efira, Vincent Lacoste,  Melvil Poupard, Laurent Poitrenaux 

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Synopsis:

Victoria Spick (Virginie Efira) is a criminal lawyer whose love life is null and void. At a wedding, she catches up with her old friend Vincent (Melvil Poupaud) and runs into Sam (Vincent Lacoste) a loser she successfully defended in court.

The next day, Vincent is accused of attempting to murder his girlfriend. The only witness is the victim’s dog. Victoria reluctantly agrees to defend Vincent and hires Sam to be her au pair boy. Thus begins a series of cataclysms in Victoria’s life.

————————————————————————Festival:  69th Cannes International Film Festival (Critic’s Week Opening film) (2016)                       ————————————————————————–

Analysis by Les Inrocks:

“Je voudrais comprendre où ça a commencé à merder chimiquement dans ma vie”, avance, penaude, Virginie Efira à son psy, dans la toute première scène de Victoria. Le terme important ici est “chimiquement” : nul hasard à l’insertion de cet adverbe au milieu de “vie” et de “merde”.

Tout, en effet, dans le second long métrage de Justine Triet, nous ramène à cela, à cette science des molécules et des alliages, des corps et de leurs interactions, science qui est consubstantielle à la comédie sentimentale. Et si elle ne vise pas à révolutionner ce genre typiquement américain, la jeune cinéaste réussit à l’embrasser avec une force rare, comme personne n’y était plus parvenu en France – en dépit de quelques réussites mineures – depuis des temps trop lointains pour qu’on se hasarde à un datage précis.

Avocate, mère divorcée de deux gamines en bas âge, à la fois fauchée et surmenée, elle se retrouve ainsi à devoir défendre un de ses meilleurs amis (Melvil Poupaud, d’une délectable toxicité), accusé par sa petite amie de l’avoir poignardée (“c’est comme si on était deux molécules qui s’attirent mais l’une d’entre elle est chargée d’atomes gangrénés”, dit-il d’elle, en toute sympathie), tout en traînant elle-même devant les tribunaux son ex-mari (Laurent Poitrenaud, délicieusement délétère), écrivaillon 2.0 qui n’a rien trouvé de mieux que de dévoiler toute leur vie privée dans un roman à clés.

Et c’est au milieu de ce chaos qu’apparaît le merveilleux (et a priori chimiquement sain) Vincent Lacoste, post-ado à frisettes que Victoria a sorti de taule lorsqu’il dealait, et qui soudain se propose de devenir son factotum, assistant, baby-sitter, confident et plus si affinités…

L’amitié et le travail, la fiction et la réalité, l’amour et la familiarité, l’humain et l’animal (grande idée que de convoquer au procès un singe et un chien, qui eux ne mentent pas), tout se brouille ici dans un étourdissement progressif, qui vire à l’insurmontable fatigue existentielle.

 

 

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